Communiqué suite aux interventions policières à Lyon et Créteil

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Communiqué suite aux interventions policières à Lyon et Créteil

Le 23 novembre, dans le cadre d’une lutte sociale contre les coupes budgétaires et les conséquences de la fusion des établissements supérieurs de Lyon, les étudiant-e-s de l’université de Lyon 2 ont occupé la salle où se tenait le conseil élargi de la Présidence. Cette occupation a débouché sur la tenue d’une assemblée ayant pour but d’organiser la suite de la lutte. Avant la fin de cette réunion, et à la grande surprise des étudiant-e-s réunis, ce sont les CRS et la BAC qui ont fait intrusion dans les locaux, à la demande de la direction de l’université.
De nombreux étudiant-e-s ont été blessés et trois d’entre elles-eux identifiés comme moteurs de la lutte ont été arrêtés et placés en garde à vue.
La police ne peut pénétrer dans l’université que si elle est sommée de le faire par la direction. Cette situation de répression violente n’est pas un fait isolé et le recours à des pratiques autoritaires et policières semble être de plus en plus en vogue. À Paris-8, dans le cadre de la lutte contre la fermeture de l’université et le nouveau règlement intérieur, des agissements du même type n’effrayent pas la direction.
Suite à l’occupation des deux derniers Conseils d’Administration pour empêcher le vote de ce nouveau règlement, la présidente Danielle Tartakowsky et ses conseillé-e-s, ont décidé de faire se tenir ce vote loin de Saint-Denis pour empêcher toute forme de contestation. C’est directement dans les locaux du rectorat de Créteil que ce dernier devait se tenir !
Décomposé-e-s face à aussi peu de bon sens et énervé-e-s par autant de mépris, des étudiant-e-s se sont rendus sur place pour empêcher cette prise de décision autoritaire en bloquant l’accès au bâtiment aux élu-e-s et à la présidente. Nous ne faisons que répondre par des moyens d'action à l'absence de démocratie universitaire. Face au droit de parole qui nous est refusé, les étudiant-e-s présents ont tenté alors d'interpeller les élu-e-s et de leur faire part des revendications et décisions émanant de l’Assemblée Générale.
Non content d’afficher le plus grand désintérêt pour cette action, c’est bientôt l’intervention de la police, suréquipés de casques et boucliers, qui s’est dessinée à l’horizon.
Les étudiant-e-s placés devant l’entrée, en groupe, se sont d’abord faits violemment malmener par les forces de l’ordre avant d’être complètement délogés, laissant entrer les membres du Conseil d’Administration.
Le recours de plus en plus systématique à la police, de la part des directions d’universités, est extrêmement alarmant et indique que les directions cautionnent indirectement les violences policières.
Ces mesures inadmissibles s’inscrivent dans un processus de pacification des universités face aux contestations grandissantes des effets des dernières reformes universitaires ainsi que dans une logique plus large de fermeture des universités à travers, notamment, une sélection sociale ou financière de plus en plus grande. Elles sont aussi liées à une tentative de lissage de l’espace universitaire pour satisfaire les intérêts privés invités depuis quelques années à s’emparer des universités.
Ce climat de répression violente, le plus souvent passé sous silence ou minimisé, et de criminalisation des mouvements sociaux, comme en témoignent aussi les arrestations et violences policières dans le cadre des mouvements lycéens, n’augurent rien de bon pour le futur.
La généralisation de ces pratiques qui conduisent à une restriction de nos libertés traduit une posture de plus en plus "ferme", en vérité autoritaire du pouvoir politique.

Nous appelons :
Au repas de résistance au règlement du 10 décembre organisé par la collective féministe


A la manifestation du 14 décembre qui partira à 14h30 de la place de la Résistance (Saint Denis) vers l'université Paris 8